Un héritage singulier
Je me prénomme Jean. Suisse, originaire du canton de Fribourg, et plus précisément de la région de Gruyère, je suis issu d’une famille très ancienne et assez particulière, au croisement de plusieurs civilisations et cultures, porteuse depuis des temps immémoriaux d’une tradition de savoirs ancestraux plus que millénaires.
J’ai toujours coutume de dire que je suis « à la croisée des chemins entre Occident et Orient, entre Nord et Sud ». Un tel héritage est parfois lourd à porter, mais d’une grande richesse culturelle, spirituelle, humaine, et passionnant à plus d’un titre.
Enfance et présences invisibles
Petit déjà, j’avais un rapport assez particulier à la nature, notamment aux animaux. Mais pas seulement comme bien des enfants l’ont : je leur parlais vraiment, et avais une interaction avec eux. Cela m’est resté une fois adulte. Je parlais aussi aux arbres et aux plantes. Et avait une relation sacrée avec la terre et les pierres, ces témoins silencieux de la vie et riches en symbolique.
Et lorsque c’étaient des animaux dangereux, non seulement je les savais, mais aussi savais qu’ils étaient là, précisément, s’ils étaient cachés. Je les ressentais. J’avais ainsi évité à mon frère de mettre le pied sur un nid de vipères, ou à une amie de se faire mordre par une scolopendre qui était sous son oreiller. J’avais également évité qu’un taureau furieux fonce dans une voiture, dans laquelle j’étais, et obtenu de lui qu’il quitte finalement et calmement le chemin, afin de nous laisse passer.
En fait, je « sentais » tout (au sens de ressentir). Je ressentais, avant que cela ne se manifeste, le danger, un phénomène climatique ou sismique, un fâcheux…
Un lien profond avec la nature
Dans la brousse, en montagne, ou en forêt, je retrouvais toujours mon chemin. Ce fut flagrant quand, dans une zone de désert, des Bédouins, qui ne la connaissaient pas bien, avaient eu quelques difficultés à se repérer, alors que moi non. Ou en montagne, lors d’un mauvais temps, je dû prendre la direction d’un groupe, car le guide s’était trompé de direction et les gens commençaient à paniquer. A cette époque-là, j’étais ‘seulement’ adolescent.
Quant à la spiritualité, j’avais un rapport spontané avec elle qui, semble-t-il, n’était pas de mon âge. M’arrivant parfois de passer une nuit en médiation, puis de jeûner toute une journée, tout en allant bêcher mon carré de terre au petit matin. Cela agaçait d’ailleurs certains adultes, qui ne comprenaient pas. Ce n’était d’ailleurs pas réfléchis de ma part, mais spontané et naturel. Ainsi, il m’est arrivé par exemple de passer une nuit en prière pour mon frère aîné, qui était en grandes difficultés dans son travail. L’effet positif fut réellement probant.
Rencontres lumineuses, regards exceptionnellement bienveillants !
J’ai également eu des rencontres extraordinaires, avec des êtres d’exception, le plus souvent eux-mêmes authentiquement guérisseurs, d’autres étant prêtres, moines — y compris bouddhistes —, ou ‘simples’ artisans, paysans, montagnards, marins… Parfois nous ne parlions pas la même langue, mais pour autant, nous nous comprenions parfaitement bien.
Pourquoi est-ce que je parle de cela, alors que j’étais enfant, voire adolescent ? Tout simplement parce que ce fut fondateur pour moi.
Sentir, deviner, pressentir
Aussi, que voulez-vous, je « devinais » ce que pensait une personne. Non pas que je lise dans ses pensées — quoique — mais ce qu’elle véhiculait en elle. Je savais parfaitement si elle disait la vérité ou mentait. Vous voyez le topo ? J’étais en quelque sorte un révélateur, bien malgré moi.
Un drôle de ‘don’ ?
Certains disaient que j’avais un don. Mais lequel ? Lorsque l’on m’en parlait, je répondais invariablement, sur le ton de l’humour : « Peut-être le don de soi ? »
Pour autant, lorsque j’étais jeune, j’avais une telle dynamique en moi que j’aspirais à vivre à cent à l’heure, voulant croquer le monde. Je n’étais en apparence pas bien costaud, mais je pouvais développer une force, réelle et inattendue.
Quant à mon grand-oncle, dont je porte le prénom, il était surnommé, avec raison, « le guérisseur d’âme ». Il faut dire que, d’une grande humilité et d’une tout aussi grande bonté, il accomplissait de véritables » miracles « . Parmi ces rencontre d’exception dont je parle, il en est d’autres qui eux aussi accomplissaient de véritables » miracles « .
Et ceux qui d’entre étaient musulmans, accueillaient ma très catholique mère, mais d’un catholicisme intelligent et éclairé, avec une grande déférence. Ils la savaient chrétienne, et l’honorait aussi en tant que telle. Ce furent de très belles rencontres de cœur, des cœurs, des âmes.
Chemins croisés, choix assumés !
Une fois adulte, je pris conscience que j’étais assez différent de mes semblables. Avais-je un ‘grain’* ? En effet, je priais spontanément pour des gens que je ne connaissais pas, pour les malades et leurs soignants, accidentés et souffrants, pour les détenus, pour les SDF, pour les gens seuls et isolés, pour les animaux errants… Pour tout, en somme. Une prière simple, de mon cru, et en conscience.
Puis ce furent des amis bûcherons que j’aidais. C’est venu là encore très naturellement : un jour, j’ai posé amicalement ma main sur l’épaule de l’un d’entre eux, en forêt. Et lorsque je l’eus enlevée, il me demanda de la remettre. Me disant : « Je ne sais pas ce que ta main a, mais cela me soulage la douleur que j’ai. » Et c’est ainsi que cela commença.
Bref, j’ai alors découvert que j’avais cette capacité de » magnétiser « , y compris à distance, dirait-on. Mais aussi d’avoir une prière qui apportait à des résultats très concrets. J’ai ainsi pu aider nombre de gens, et d’animaux. Comme dans un restaurant, par exemple : son chiffre sombrait inexorablement, et sans aucunes raisons objective, apparentes. Les gens disaient que c’était dû à la jalousie d’un boucher, qui voulait ce commerce pour sa fille. Cependant, son chiffre d’affaire remonta de façon fulgurante peu après mon » travail « . Je pu également dans la foulée apporter une protection à sa fille, une belle jeune femme, blonde, quant à un homme du coin qui lorgnait méchamment sur elle. J’ai en réalité » vu » l’agression avant qu’elle ne se produise, et ainsi j’ai pu l’empêcher.
Vers l’aide et le soutien à plein temps
Aussi, j’ai continué sur cette voie, mais bénévolement, en parallèle avec mes activités de recherche, d’enseignement et autres pratiques professionnelles.
Cependant, cela me taraudait. J’en suis arrivé à me dire qu’il me fallait m’y remettre ; à plein temps, en quelque sorte. Cela se manifesta comme une sorte d’appel, impérieux. D’où la raison d’être de ce site.
Note
Grain : Dans l’usage familier, avoir un grain signifie présenter une excentricité, un dérèglement léger ou une bizarrerie de comportement ou de pensée, perçue comme sortant de la norme, sans relever nécessairement de la pathologie. L’expression peut être moqueuse, affectueuse ou critique selon le contexte. En
