Le magnétisme thérapeutique, longtemps relégué aux marges de la médecine officielle, connaît aujourd’hui un regain d’intérêt, autant en France qu’en Suisse, Belgique et Luxembourg. Pratique ancestrale fondée sur l’idée que tout être vivant est traversé par une énergie vitale, il est de plus en plus recherché pour soulager douleurs, stress et maux chroniques.
Quant au magnétisme thérapeutique à distance, bien qu’encore sujet de débats, il s’impose lui aussi comme une réponse alternative, notamment dans un monde où les consultations en ligne se généralisent. Alors qu’il a toujours existé, notamment dans certains cultures, riches de leurs traditions ancestrale.
Mais que sait-on réellement de cette discipline ? Quels en sont les fondements, les usages, et la place dans nos sociétés modernes ? Cet article fait le point, au croisement de la tradition, de l’expérience humaine, et de l’observation pragmatique, raisonnée.
Un héritage millénaire qui unit le corps et l’énergie
Le magnétisme thérapeutique s’inscrit dans une lignée de pratiques humaines très anciennes. En Égypte antique, dès environ 3000 avant notre ère, des textes comme le Papyrus d’Ebers (daté vers 1550 av. J.-C.) évoquent déjà des rituels de guérison par les mains, proches des impositions destinées à rétablir un équilibre énergétique.
En Chine, la circulation de l’énergie vitale, le Qi, est au cœur de la médecine traditionnelle depuis au moins 2500 ans, avec des références précises dans les textes fondamentaux comme le Huangdi Nei Jing (le Classique de l’Empereur Jaune), compilé aux alentours du IIIe siècle av. J.-C. Cette approche énergétique, qui sous-tend aussi bien l’acupuncture que les pratiques de Qi Gong, repose sur la régulation et l’harmonisation de cette énergie interne qui traverse le corps.
En Inde, les soins énergétiques font aussi partie intégrante de la médecine ayurvédique, une tradition plurimillénaire vieille de plus de 5000 ans. L’Ayurvéda considère que le corps est parcouru par des flux d’énergie vitale, le prana, qu’il faut rééquilibrer pour préserver la santé. Certaines pratiques, comme les impositions des mains, le travail sur les chakras, ou les souffles dirigés (pranayama), visent à réactiver cette énergie et à lever les blocages qui provoquent la maladie. Ces gestes thérapeutiques, souvent associés à des massages ou des mantras, s’apparentent à ce que l’on nomme aujourd’hui magnétisme.
Mais ces pratiques énergétiques ne se limitent pas à l’Orient ou à l’Antiquité méditerranéenne. Chez les Bédouins de Mauritanie, les guérisseurs traditionnels utilisent depuis des siècles des gestes, des souffles, et des « prières vibratoires » pour soigner douleurs, fièvres ou morsures, parfois à distance, en mobilisant une énergie invisible mais agissante. Les résultats obtenus en attestent. Ces rituels s’apparentent à des formes de magnétisme, même s’ils s’intègrent à des cadres spirituels spécifiques.
Dans le monde amérindien*, les chamanes, terme d’origine ibérienne, emploient eux aussi des techniques énergétiques, passant leurs mains au-dessus du corps, accompagnées de chants et de souffles, pour extraire « les mauvaises énergies » ou renforcer l’esprit vital d’un patient. Ces soins peuvent se faire en présence ou à distance, parfois même sur simple appel, dans une vision globale où l’énergie circule au-delà de la matière.
On retrouve également ces gestes universels chez les guérisseurs africains d’Afrique de l’Ouest, qui, par l’usage combiné des mains, du souffle, et de formules sacrées, agissent sur ce qu’ils nomment la « force vitale » ou les « esprits de guérison ». En Amazonie, les guérisseurs traditionnels utilisent aussi l’énergie transmise par le souffle (le « soplado ») pour agir sur les corps subtils.
Ces traditions multiples, de la Mauritanie aux Andes, en passant par l’Asie, l’Afrique ou les îles du Pacifique, montrent que l’idée d’une énergie invisible, manipulable par l’intention et les gestes, est au cœur de la relation humaine à la guérison depuis la nuit des temps. Le magnétisme humain, tel qu’on le nomme aujourd’hui en Europe, s’inscrit donc dans cette constante universelle, bien plus large qu’un simple courant occidental ou moderne.
Et en Europe ?
C’est surtout au XVIIIe siècle qu’en Europe le magnétisme est formalisé sous l’impulsion de Franz Anton Mesmer, médecin allemand, qui théorise ce qu’il appelle le « magnétisme animal ». Pour Mesmer*, l’univers est parcouru d’un fluide invisible influençant la santé humaine. Bien que ses théories aient été partiellement discréditées par la suite, notamment en France, les pratiques inspirées de ses travaux ont perduré, en particulier dans les campagnes françaises, suisses, belges, luxembourgeoises et allemandes, où ‘coupeurs de feu’, ‘rebouteux’ et guérisseurs continuent d’exercer, parfois discrètement, parfois ouvertement.
En Allemagne, ces pratiques sont même encadrées sous le statut officiel de Heilpraktiker, qui reconnaît et régule l’exercice de certaines formes de thérapies dites non médicales.
Comment agit le magnétisme thérapeutique ?
Le principe du magnétisme repose sur la capacité du praticien à canaliser et transmettre une énergie bénéfique vers la personne aidée, soutenue ou soignée. À travers l’imposition des mains, des passes magnétiques (mouvements lents réalisés au-dessus du corps ou d’une représentation imagée de celui-ci), ou encore par une intention à distance, nécessairement forte et intense, le magnétiseur vise à rééquilibrer le flux énergétique du patient.
Contrairement à une idée reçue, le magnétisme thérapeutique ne repose pas uniquement sur la foi du patient. De nombreux témoignages, même parmi les plus sceptiques, rapportent une amélioration notable de douleurs chroniques, de brûlures, ou encore de troubles anxieux.
Par exemple, en Suisse romande, certains hôpitaux collaborent avec des magnétiseurs pour soulager les effets secondaires des traitements de radiothérapie. À Fribourg, en Valais et dans le Jura, mais aussi à Lausanne ou Genève, des patients atteints de cancers témoignent du soulagement apporté par ces soins parallèles, notamment pour calmer les brûlures post-radiothérapie, une pratique ancienne et largement reconnue dans plusieurs cantons. C’est également le cas en Savoie et en Haute-Savoie.
Le magnétisme à distance entre mythe et réalité
Le magnétisme thérapeutique à distance, s’il intrigue, reste l’aspect le plus controversé de la pratique. Comment, sans présence physique, un praticien pourrait-il agir sur le corps énergétique d’une personne ?
Pour les magnétiseurs, la réponse est simple : l’énergie n’a pas de limite spatiale. En se concentrant sur une personne, à partir d’une photo ou simplement d’un nom et d’une date de naissance, ils prétendent pouvoir transmettre cette énergie curative.
En France, nombreux sont ceux qui témoignent de l’efficacité du magnétisme « sans contact ». Marie, 42 ans, souffrant d’un eczéma sévère, raconte :
« Après des années de traitements corticoïdes, j’ai consulté un magnétiseur à distance recommandé par une amie. En quelques semaines, mes plaques ont quasiment disparu. Pourtant, je ne croyais pas du tout à ces pratiques avant. »
Même discours du côté de Philippe, cadre stressé à Lyon :
« Je fais appel à un magnétiseur à distance depuis un an pour gérer mes crises d’angoisse. C’est subtil, mais je ressens un vrai apaisement après chaque séance. »
Pour de nombreux praticiens, la pandémie de Covid-19 a d’ailleurs renforcé cette dimension « à distance », les obligeant à adapter leur pratique face aux confinements et autres restrictions sanitaires.
Et ces témoignages ne se limitent pas à la France. En Suisse romande aussi, la pratique du magnétisme à distance est bien installée. À Genève, une dame de plus de 80 ans raconte : « J’avais de terribles douleurs aux jambes. Rapidement, elles ont disparu. »
Une infirmière d’origine belge, très éprouvée par le stress et l’épuisement, confie également : « Très vite, j’ai ressenti un apaisement. Puis, au fil du temps, une forme de paix intérieure s’est installée, durablement. «
Et de ce genre de témoignages, il y en a de nombreux.
Le magnétisme curatif, une forme de complémentarité à la médecine allopathique
Le débat autour du magnétisme thérapeutique reste vif. La médecine officielle reconnaît parfois certains effets dits « placebo », sans pour autant valider une efficacité propre au magnétisme. Pourtant, sur le terrain, beaucoup de professionnels de santé collaborent discrètement avec des magnétiseurs. Et avec raison, car les résultats constatés ne se limitent manifestement pas à un simple effet placebo.
En France, plusieurs hôpitaux, comme ceux de Tours ou de Nantes, font appel à des « coupeurs de feu » pour soulager les douleurs des grands brûlés. En Suisse, plusieurs hôpitaux et cliniques privées laissent également aux patients la liberté d’avoir recours à un magnétiseur en complément des soins conventionnels.
Le Dr J.-M. B., médecin généraliste en Provence, témoigne :
« Je ne peux pas expliquer scientifiquement comment ça marche, mais j’ai vu des patients soulagés après un soin de magnétisme. Pour moi, tant que ça ne nuit pas, je recommande. »
C’est d’ailleurs un rappel du principe fondamental de la médecine : « Primum non nocere » — d’abord, ne pas nuire. Comme le dit ce même médecin : « On se doit de tout faire pour aider le patient à guérir. Et si l’on n’a pas les moyens ou les compétences, on doit favoriser tout ce qui peut l’aider sans lui nuire. »
Pourtant, cette reconnaissance reste souvent officieuse, voire confidentielle. La crainte du discrédit scientifique, ou la méconnaissance de ces faits, pousse encore aujourd’hui de nombreux médecins à rester discrets sur ces collaborations.
Une reconnaissance inégale entre France, Suisse, Belgique, et Luxembourg
Malgré leur popularité, les pratiques de magnétisme restent peu encadrées légalement, notamment en France, où le métier de magnétiseur n’a pas de statut officiel. Pourtant, ce pays en regorgeait autrefois ! Mais la doxa médicale a voulu laisser ce terrain en friche, comme pour bien d’autres disciplines aujourd’hui reconnues. Résultat : il n’existe même pas de véritable régulation naturelle, par la connaissance et la transmission populaire, notamment hors des zones rurales.
En Suisse, à l’inverse, le magnétisme thérapeutique a toujours été une pratique largement acceptée et couramment exercée, jamais traquée ni interdite. Il s’agit d’une tradition profondément enracinée, notamment dans les régions rurales et alpines, où guérisseurs et magnétiseurs font partie intégrante du paysage médical complémentaire. Cette reconnaissance sociale s’accompagne d’une grande liberté d’exercice, fondée sur une régulation naturelle par les communautés elles-mêmes, et cela sans aucune ingérence des autorités médicales.
À la différence de la France, où le magnétisme a longtemps été marginalisé sous la pression du Conseil de l’Ordre des Médecins, et parfois assimilé à une pratique illégitime ou occulte. Nombre de magnétiseurs et rebouteux, pourtant compétents et reconnus localement, y ont été traqués comme des criminels.
Cela pose néanmoins la question des dérives possibles, notamment en France, où le principe du bouche-à-oreilles ne fonctionne plus vraiment, sauf dans les campagnes. Faute de reconnaissance officielle ou d’un cadre clair, il est parfois difficile pour le public de distinguer les praticiens sérieux des charlatans. C’est pourquoi certains praticiens tentent de poser des repères, à travers, entre autres, une charte déontologique et des engagements éthiques pour protéger les patients.
Pour Pierre, magnétiseur expérimenté, en Valais : « Il y a beaucoup de sérieux dans notre métier, mais aussi des gens peu scrupuleux. C’est pourquoi je milite pour une reconnaissance officielle, un peu comme en Allemagne, non pas pour enfermer la pratique, mais pour protéger les personnes qui font appel à nous. »
Le magnétisme une réponse au besoin de soins plus humains
Au-delà des débats scientifiques, et des polémiques médiatiques, le succès du magnétisme s’explique aussi par une quête de soins plus humains et personnalisés. À l’heure où la médecine dite moderne semble parfois impersonnelle, expéditive, lacunaire sur les question de chronicité, le magnétiseur propose une écoute, une attention profonde au ressenti du patient.
Anne, enseignante à Lausanne, témoigne : « Quand je vais voir mon magnétiseur, il prend le temps de m’écouter, de comprendre mes blocages. Ce n’est pas juste une ordonnance en cinq minutes. Il y a une vraie relation. »
Cette dimension humaine est l’un des piliers du magnétisme : s’intéresser à la personne dans sa globalité, pas seulement à ses symptômes.
Une autre bénéficiaire, à Bulle, région de la Gruyère, canton de Fribourg, apporte elle aussi son témoignage : « J’ai fait appel à un magnétiseur-guérisseur à distance. Il me suit depuis plusieurs mois. Dans son formulaire en ligne, il y avait un espace pour s’adresser directement à lui. Visiblement, il a bien lu ce que je lui ai écrit. Et, à ma grande surprise, il m’a répondu. Je me suis sentie ainsi entendue. Et les résultats ont été à la hauteur ! »
Entre mystère et efficacité
Le magnétisme thérapeutique, qu’il soit pratiqué en présence ou à distance, reste une pratique mystérieuse, encore peu expliquée par la science actuelle. Pourtant, les témoignages se multiplient, montrant l’intérêt croissant de ceux qui recherchent des solutions naturelles et complémentaires à la médecine dite classique. Et démontrant son efficacité, lorsqu’il est pratiqué dans les règles de l’art.
Si la vigilance reste nécessaire face aux dérives possibles, le magnétisme a sans doute toute sa place parmi les soins de demain, à condition d’un cadre clair et d’une collaboration ouverte avec le monde médical.
Dans un monde de plus en plus médicalisé et technologique, il est peut-être temps de réconcilier savoirs ancestraux et médecine moderne, pour remettre l’humain au centre des soins.
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Notes
Dans les cultures amérindiennes, les figures équivalentes aux guérisseurs ou « chamanes » portent des noms spécifiques : Pajé (Amazonie), Curandero (Mexique, Andes), Yachak (Équateur), Marakame (Huichols), Taita (Colombie), Hatałii (Navajos). À ces figures s’ajoutent les Naguals, dans les traditions mésoaméricaines (notamment toltèques et nahuas), guides spirituels et guérisseurs capables d’agir dans le monde invisible et de transmettre une énergie de transformation.
Mesmer : A ne pas confondre avec « Messmer le fascinateur », sympathique et très talentueux hypnotiseur québécois.
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Quelques références quant aux noms et ouvrages cités:
• Bernard Grad, Healing by the Laying on of Hands: Studies in Healing and Energy Transfer, Annals of the New York Academy of Sciences, 1976.
• Bernard Grad, « Some biological effects of laying-on of hands: a review of experiments with animals and plants », Journal of the American Society for Psychical Research, 1965.
• Dr Luc Bodin, Le guide de la médecine globale et intégrative, Guy Trédaniel Éditeur, 2014.
• Dr Sylvie Simon, Ces guérisseurs qui guérissent, Le Jardin des Livres, 2012.
• Rupert Sheldrake, Réenchanter la science, Éditions Ariane, 2013 (édition française de The Science Delusion, Coronet, 2012).
Ndlr: Un auteur passionnant, notamment quant à ses recherche sur la relation entre l’humain et l’animal de compagnie.
• Dr Jean-Jacques Charbonier, La conscience intuitive extraneuronale, Guy Trédaniel Éditeur, 2014.
• David P. Wirth, « The effect of non-contact therapeutic touch on the healing rate of full-thickness dermal wounds », Subtle Energies & Energy Medicine, 1990.
• Marilyn Schlitz, William Braud, « Distant healing intention: An overview of the scientific evidence », Global Advances in Health and Medicine, 2010.
A propos plus spécifiquement des faiseurs de secret
– Etat de Vaud (site officiel) : Guérisseurs. Il y est question de l’aspect patrimonial des guérisseurs traditionnels.
– Hôpital du Valais : Médecin et guérisseuse au service d’une même intention. Ce canton connait une tradition très ancré des ‘faiseurs de secret’. Mieux, on en trouve parfois la liste sur sa table de nui de chambre d’hôtel, à côté d’autres services d’urgence (police, pompiers, etc.)
– Mémoire universitaire — « Place des faiseurs de secret au Centre des Brûlés du CHUV« , Sophie Kasser (Master sous la direction du Prof. Wassim Raffoul, UNIL). Encore un hôpital, réputé, qui y fait appel.
Liens utiles
– Faiseurs de secrets de Suisse, France, et Belgique : Une explication très juste, et utile à connaître, par Georges Delaloye, dit Gedel, thérapeute en soins énergétiques, faiseur de secrets et magnétiseur. Sa liste (pdf) : Liste des Faiseurs et Faiseuses de Secret, régulièrement mise à jour depuis 1999.
– Liste Faiseurs de secrets : Un site qui regroupe les données de plusieurs guérisseurs et faiseurs de secrets de Suisse Romande.
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